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Reprise de fonds de commerce : le financement

Posté le 19 novembre 2018


site.4La question clé de la reprise d’un fonds de commerce est celle de son financement.
Apport personnel, crédit bancaire, financement participatif, crédit vendeur, prêt brasseur et aides publiques : plusieurs sources de financement existent et se complètent.

Pour obtenir un prêt bancaire, vous devrez présenter un business plan comprenant un prévisionnel de financement.
Le plus difficile est d’obtenir que le banquier prenne la peine d’étudier votre dossier, puis de recevoir un accueil favorable.

Sources : L’Hôtellerie – Restauration | Octobre 2018 | Tiphaine Beausseron

► L’apport personnel

Reprendre un fonds de commerce nécessite un financement. Le plus souvent il s’agit d’un crédit bancaire, au moins partiellement. Dans tous les cas, celui-ci ne sera possible que si vous justifiez d’un apport personnel.

En matière de reprise de fonds de commerce, il faut compter un apport minimum de 30 % du coût total du projet. Toutefois, cette proportion est variable selon le projet, la construction de son financement, le profil et l’expérience du repreneur, les garanties financières apportées en complément, mais aussi de la politique interne de la branche locale de votre interlocuteur bancaire.

À noter que selon le baromètre 2018 CrediPro, un réseau national de courtage en crédit professionnel qui finance à 70 % des reprises de fonds de commerce CHR, un apport de 30 % est exigé dans plus d’un dossier sur deux et dans 40 % des cas, l’apport demandé représente entre 30 et 59 % du montant total de l’investissement.

► Le crédit bancaire

Indispensable pour reprendre un fonds de commerce, à moins que vous déteniez la somme totale en propre, ce qui, en pratique est extrêmement rare, le crédit bancaire n’est pas forcément évident à obtenir, d’autant que le secteur CHR fait partie des secteurs considérés comme à risque par les banquiers.

Pour obtenir un prêt bancaire, vous devrez présenter un business plan comprenant un prévisionnel de financement. Le plus difficile est d’obtenir que le banquier prenne la peine d’étudier votre dossier, puis de recevoir un accueil favorable. Ensuite, il faudra négocier le taux mais aussi les ‘à côté’. Parmi eux, les commissions de mouvements et les frais de cartes bleues (location et utilisation du terminal de paiement), qui sont très variables d’une banque à l’autre et peuvent s’avérer coûteux. Gardez en tête que la banque compte non pas sur le taux mais sur les flux bancaires pour se rémunérer. À noter que la durée des crédits dépend de leur objet. Aperçu des durées standards :

– reprise de fonds de commerce/ acquisitions de parts sociales/ création d’entreprise : 7 ans.
– Crédit-bail de matériel : 3-5ans.
– Crédit-bail de matériel informatique : 3 ans.
– Travaux : 10-15 ans.
– Emprunt pour assurer la trésorerie : 1 an.
– Achat de murs : 15 ans.

L’obtention d’un prêt bancaire peut être facilitée en utilisant les services d’un courtier en crédit professionnel.

► Crowdfunding ou financement participatif

Le crowdfunding (ou financement participatif) permet de récolter des fonds auprès d’un large public en vue de financer un projet entrepreneurial ou artistique, des initiatives de proximité´ ou des projets défendant certaines valeurs. Il permet de limiter le recours au financement bancaire. Une création d’entreprise avec reprise de fonds de commerce peut de nos jours se faire en partie grâce au crowdfunding, même si cette source de financement reste encore très minoritaire ou concerne uniquement de gros projets.

Dans le crowdfunding, le prêteur et l’investisseur sont mis en relation via une plateforme internet dédiée sur laquelle les créateurs présentent leur projet. Ce type de financement peut prendre la forme d’une participation aux fonds propres de la société créée. La rémunération de l’investisseur se fait alors par les dividendes ou par la plus-value réalisée lors de la cession des titres. Il peut aussi consister en un prêt assorti ou non d’intérêts. Avantage : ce type de financement permet de compléter son apport personnel ce qui limite les risques des banques. Inconvénient : l’investissement se limite à de petits montants.

► Crédit-vendeur

Il s’agit d’un prêt accordé par le vendeur à l’acheteur qui permet notamment à celui-ci d’étaler le prix d’achat du fonds de commerce et constitue une alternative au crédit bancaire. Le crédit-vendeur semble être de plus en plus proposé par des vendeurs pour pallier le refus des banques à financer des acquéreurs.

Il vient plus souvent compléter un crédit bancaire et dépasse rarement 50 % du prix du fonds. Il est limité dans la durée (un à cinq ans). Rarement plus, car même s’il est souscrit avec des garanties (nantissement du fonds, caution), il n’en demeure pas moins risqué pour le vendeur. En effet, en cas de défaillance du repreneur, le vendeur perdra une partie du prix de vente et ne possèdera plus son fonds.

Pour le vendeur, il peut – sous certaines conditions – permettre d’étaler le paiement des plus-values de cession. N’hésitez pas à en parler à votre conseiller fiscal.

► Prêt brasseur

Contrat par lequel le brasseur accorde un prêt financier ou de matériel (enseigne, tables, chaise, matériel de tirage de pression) en contrepartie de l’engagement de son client à lui acheter une certaine quantité de boisson et ce de manière exclusive sur une période déterminée. Pour une bonne relation restaurateur-brasseur, il est important que le restaurateur vérifie que les quantités minimales à acquérir auprès du brasseur soient identiques aux besoins de l’activité.

► Aides publiques

Ces aides peuvent permettre de compléter une demande de financement bancaire. Elles sont le plus souvent locales et ciblent certains secteurs d’activité ou type d’entreprise (TPE, PME…). À vous de chercher et trouver celles auxquelles vous pouvez prétendre. Pour cela, vous pouvez consulter par exemple le site d’information des CCI sur les aides aux entreprises ou encore le site d’Agence France entrepreneur.

 


 

Le courtier en crédit professionnel

Le courtier est un intermédiaire entre le créateur, le repreneur d’entreprise et la banque. Son rôle est de constituer le dossier de demande de prêt, de le soutenir auprès de plusieurs banques et d’obtenir un accord de financement. Le courtier en crédit professionnel est un intermédiaire en opérations de banque et services de paiements (IOBSP) qui doit être immatriculé à l’Orias. Cette profession est réglementée.

La force du courtier est de connaître les usages propres au secteur bancaire. Il sait donc mettre en valeur les points forts de chaque dossier pour qu’ils soient remarqués. Il y a plusieurs avantages à recourir à un courtier :
– rendre votre dossier crédible auprès de la banque. D’ailleurs un courtier ne soutiendra pas votre dossier s’il n’est pas convaincu lui-même qu’il est finançable.
– Gagner du temps : il connaît les banques locales et l’intérêt de chacune pour le secteur des CHR, il sait comment les aborder et à quelle porte frapper. Il sait aussi manier les différents montages financiers et pourra compléter le financement bancaire par une autre source de financement du type crowdfunding.
– Réduire le coût du crédit, car il va négocier pour vous le taux mais aussi les coûts complémentaires. En pratique, les banques proposent souvent de meilleures conditions lorsque la demande est faite par l’intermédiaire d’un courtier que lorsque le client s’adresse à elle directement.

 

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